Statut, identité et contradictions

Et finalement, comment on s’en dépêtre, de ces contradictions ?

 

Mes convictions se sont formées au fil des ans. Des expériences.

J’ai la chance d’être avec un homme qui suit mon évolution. Qui entend mes coups d’éclats, mes moments difficiles à vivre car reléguée au rang de femme.

Et pourtant.

 

On m’a appris à ne pas hausser le ton. A ne pas me faire remarquer.

Si ma verve est acérée, difficile encore de hurler ma haine lorsqu’elle pointe le bout de son nez.

 

On m’a appris à ne pas être provocante.

Si les débardeurs ont une tendance naturelle à me faire des décolletés, et les réflexions et regards concupiscents me renvoient à l’état de steak, j’ai appris à relever machinalement le haut de mon débardeur. Été comme hiver.

 

On m’a appris la répartition des tâches.

Mais une répartition plus répartie pour la fille. Implicitement.

Ainsi, lorsqu’un garçon faisait le ménage, il était félicité et remercié.

 

Aujourd’hui encore, j’ai acquis cette inégalité. Et même si elle me fait fulminer, je ne me battrais pas pour qu’un homme m’assiste dans cette tâche. Car j’ai acquis la notion de « femme hystérique », qui hurle sans arrêt contre une chaussette qui traîne, et que je ne souhaite pas être ainsi.

 

On m’a appris la soumission à l’autorité.

Aujourd’hui, j’apprends à la contrer. Mais difficile de trouver son identité : qui suis-je face aux clichés développés ? Suis-je vraiment protectrice, où est-ce la société qui m’a demandé de l’être ?

Suis-je attentive uniquement parce qu’on m’a élevée à être attentive ?

Comment contrer ces premiers automatismes confortablement installés ?

 

Aujourd’hui, toutes ces contradictions bouillonnent, fulminent, parfois explosent.

Et lorsque je réponds face à l’agression comme je l’aurais fait dans ma tête, je jubile. Je me retrouve.

 

L’identité se construit au fil du temps, des expériences, des réflexions. Mais ces contradictions me poursuivront, comme une ombre à cette identité.

Une réponse sur “Statut, identité et contradictions”

  1. C’est triste quand notre identité propre est fumeuse du fait qu’on ne sait plus si elle nous appartient ou si on l’a acquise par pression sociale. Je dois avoir beaucoup de chances d’être un homme pour me sentir moins sous ce genre de pressions, même si j’apprends petit à petit à voir ou se situe mes propres valeurs qui ne viennent pas de moi même et peut être me mettre à résister aussi à ça pour trouver ma propre identité.
    Et je suis complètement d’accord pour « L’identité se construit au fil du temps, des expériences, des réflexions. ». On ne cesse de se reconstruire dans notre identité.
    Merci pour l’article !

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