Oublier demain

Il y a les soirs où je suis un peu trop bien chez moi, douillettement blottie dans ma vie.

Dans ces moments précis, penser au lendemain et à la semaine qui s’annonce est comme une belle gueule de bois.

 

Je travaille auprès du public depuis presque dix ans, et je suis déjà fatiguée.

A vingt ans, un père est venu à la grille de l’école où je travaillais pour me dire « je ne comprends pas cette lettre, tu peux me l’expliquer ? ».

C’était un avis d’expulsion du territoire.

Étudiante et animatrice, ce fut mon premier coup dans la gueule. Mon premier contact avec une réalité que je ne connaissais pas.

 

C’était il y a neuf ans.

Et depuis, chaque année, tant de personnes m’ont confié leurs histoires. Les parcours diffèrent, mais certains détails les rassemblent : l’air à la fois pudique et éreinté présent sur leur visage.

 

Face à la complexité de leurs situations, j’en ai rencontré beaucoup qui ne cherchaient aucune solution, mais simplement une écoute : l’aide arrivera peut-être après, qui sait ?

 

Chaque année, toutes ces histoires.

Toutes ces personnes que je rencontre. Ces situations exposées.

Les détresses, souvent.

Les relais et les solutions que l’on cherche à mettre en place.

L’urgence dans de très nombreux cas. Les situations de vie ou de mort, parfois. Qui s’ancrent dans ma mémoire, sans me lâcher depuis.

 

Et chaque année, toutes ces colères que j’accumule. Ces questionnements qui tourbillonnent : comment peut-on laisser crever tant de personnes ? Comment l’État peut-il s’en foutre à ce point ?

Comment ? Pourquoi ?

 

Et ce n’est pas faute de signaler : dans la fonction publique, on remonte les informations en permanence. Les personnes mal logées, les écoles insalubres, les bâtiments municipaux minables et impraticables.

On signale, on râle, on écrit, on dit. On hurle parfois.

 

Malgré tout, on tracte les projets à bout de bras. Car chaque agent a la volonté de contribuer au bien commun, de faire du collectif, d’impliquer les habitants.

De participer à l’amélioration des conditions de vie.

J’ai toujours conservé cette motivation : on croit en la force des projets, aux perspectives positives.

 

Puis, une nouvelle personne passe la porte de la structure et délivre son histoire.

Une histoire toujours différente, mais où le baromètre de la détresse atteint souvent un seuil insupportable.

 

Alors ce soir, dans mon îlot de sécurité, je ne veux pas être demain.

 

Car j’ai compris que cette boucle éternelle n’a pas pour vocation à s’arrêter.

Que je n’en suis qu’aux premières années de ma vie professionnelle.

Que des histoires, des colères et des injustices, je vais encore en rencontrer beaucoup.

Que les seules solutions seront : « gérons comme on le peut », alors que mon militantisme me hurle des solutions.

 

Alors, ce soir, j’aimerais sincèrement que le temps se fige.

Continuer à cuisiner et pâtisser. Prendre du temps pour jouer. Pour s’aimer et se dire des mots doux.

 

Et oublier demain.

 

Les adieux aux habitants : yeux humides et amertume

Il y a eu les joues rougies et les yeux un peu humides, souvent suivis d’une seule question : « pourquoi ? »

 

Les accolades des mamans. Les mots de celles-ci me resteront toujours, je crois.

Il y a Madame A., qui dans son français hésitant (mais si clair) m’a dit : « Ce que toi a fait pour ici, très grand. Habitants d’ailleurs, la chance ils ont. »

Elle m’a prit dans ses bras, longuement. Et à cet instant, il n’y avait que cette étreinte longue, chaleureuse, parsemée de mots doux, et nos yeux brillants à toutes les deux.

Le bébé, à la bouche chocolatée nous regardait, en suspens. « Mathilde, c’est comme Tata! Tu peux faire bisou à elle! » dit-elle à son grand fils, suivi ici depuis deux ans.

Face à l’émotion des adultes, il ne savait pas trop comment réagir. Comme beaucoup d’enfants.

 

Il y a Madame K., non francophone, qui quand on lui a traduit mon départ a mis la main sur le coeur : « Merci. »

Il y a Madame K., que je connais depuis trois ans maintenant : « Tu sais, ce que tu as fait ici pour eux [ses enfants], pour nous, c’est beaucoup. Tu sais, je les ai vu ici les gens qui travaillent avec les enfants. Hé ! Beaucoup soit ils sont pas droits, soit ils font ça pour l’argent. Toi tu es juste avec eux et tu fais ça avec le cœur. »

Il y a Madame S., qui m’a engueulée, puis m’a ensuite dit : « Toute la famille est choquée. De la toute petite [3 ans] au papa ! Toi, ici, tu connais ma situation, c’est toi qui m’oriente. Maintenant, tout réexpliquer, à quelqu’un qui comprendrait peut-être pas ? Mm. Non, non. »

Il y a Madame M., qui a descendu à manger immédiatement. « Mais Mathilde, pourquoi tu pars ? »

 

Il y a la lycéenne que je suis, en état de choc. Elle a mis quelques jours à s’en remettre.

Il y a cette collégienne, qui est venue me parler pendant trois heures. Et au terme « Mais pourquoi tu pars, aussi ? A qui je vais pouvoir parler, maintenant ? »

 

Il y a aussi les cadeaux, amenés au compte goutte : la nourriture en abondance, de petites fleurs cueillies sur le chemin dans le parc, les parfums, les tissus. Les bijoux, aussi :

 

Toutes ces belles attentions, amenées une par une.. « Ne dis pas non, même si leur situation est précaire, me dit ma collègue. Leur dire non, c’est refuser leur reconnaissance, leurs mercis. »

 

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Il y a tout ceux qui m’ont demandé « Comment va t-on faire, maintenant ? »

Les enfants, les parents, « mais on va te revoir, quand même ? »

 

Il y a cet enfant de 11 ans, qui a couru aux toilettes pour y pleurer et à gueulé à ses potes « Mais tu comprends pas ? Mathilde s’en va, et nous on reste ici comme des merdes ! »

Lui et moi nous connaissons depuis trois ans, déjà. Je l’ai suivi, ainsi que sa grande sœur, ado rebelle et son petit frère, canaille permanente.

Ce même enfant m’a dit droit dans les yeux « qui va s’occuper de nous, maintenant ? » Sa réaction n’est pas de l’ordre de la pleurnicherie : face à la situation familiale extrêmement complexe, désordonnée et fluctuante, la Maison de Quartier et ma présence étaient un repère rassurant et sensé rester.

Mes mots ne sonnaient pas si juste. Je n’ai pas su comment consoler l’inconsolable.

 

Il y a cette enfant de 6 ans en état de choc : les yeux ne s’accrochent plus à rien, elle se jette dans mes bras aléatoirement. Et sa mère qui s’effondre en larmes sous ses yeux : « Mais ici, je n’avais que vous en repère. Comment faire maintenant ? »

 

Et il y a eu tous les autres. Les « dommages », « Oh non ! ». Les enfants qui réalisent par contre-coup, après un joyeux « à l’année prochaine ! ».

 

Parents et enfants, la tristesse teinte la fin d’année.

Et pour beaucoup les « mais où vas-tu, qu’on puisse venir ! » : parce que me suivre, même au bout de l’Île de France semble une solution plus acceptable que de ne plus me croiser, pour l’instant. Pour les enfants comme pour leurs parents.

 

Toutes les réactions de ces dernières semaines, dures à encaisser, sont certes une grande reconnaissance du travail réalisé ici, mais me laissent un goût amer. Parce que ces retours, signe d’abandon, certitude que celui d’après « n’aura pas les mêmes ambitions que toi pour les enfants et les familles », sont des constats d’une grande violence.

 

 

Parce que les quartiers méritent des projets d’excellence.

Les habitants, plus qu’ailleurs, méritent un grand respect, de l’écoute et de l’attention.

Et plus que tout, ils méritent des projets ambitieux et de grande envergure.

 

Ici, j’ai juste pris le soin d’écouter les personnes.

De construire avec eux.

De croire en les compétences et les capacités de chacun.

Et de continuer à faire plus. Avec les gens.

De ne pas juger ces personnes, surtout. Oui, je n’ai pas grandit comme les enfants ici. Les mœurs culturels parfois diffèrent. Mais peu importe. Quand une personne arrive, je l’accueille, puis je l’écoute.

Je me suis enrichie au contact de toutes ces personnes. Elles m’ont bien plus appris en trois ans que bien d’autres en 29.

J’ai appris à les connaître, en tant qu’individu. Sans les assimiler d’autorité en représentant d’une communauté, d’une religion, d’un quartier ou d’une condition sociale.

Je n’ai jamais fait de raccourcis. Et je crois intimement qu’il est normal de ne pas en faire, mais le retour de ces personnes témoigne que c’est rarement le cas.

 

L’émotion, la déception, la détresse parfois des familles est d’une violence sans nom. Finalement, au-delà des projets, des aides pour les enfants, c’est aussi l’accueil et l’écoute qui va leur manquer.

La reconnaissance de ce qu’ils sont, sans préjuger.

 

Je pars parce que je n’arrive plus à travailler comme je le souhaite. Parce que les projets intelligents et ambitieux sont ponctués de « non » aléatoires et injustifiés.

Parce que les priorités ne sont plus au service public, parfois.

 

 

Et ce constat me rend triste : l’implication dans le travail, le respect d’autrui et la défense des usagers sont peut-être, en fin de compte, des atouts exceptionnels.

 

Alors qu’ils devraient être à la base du travail social.

 

 

Ce qui me manquera

C’est de traverser le quartier en étant reconnue.

C’est les enfants qui me tapent sur l’épaule dans la rue, les ados qui me tapent la bise. Voir les sourires des familles, entendre les enfants me héler de loin alors que je circule dans les rues en vélo.

 

Ce sont les anecdotes des enfants :

Cet enfant qui m’explique comment il met sa sœur dans le caddie des courses et joue à la promener dans l’appartement.

Le rire de sa mère me confirmant l’anecdote : « Oh oui, elle aime bien ça, la petite, tu sais ».

 

Ce sont les regards en coin des femmes du quartier « Tu es où demain Mathilde ? A Diderot ou à Vaillant ? J’ai fait quelque chose pour toi ».

C’est le regard de cette maman, qui nous gave régulièrement, surprise le jour où je l’ai appelé pour qu’elle descende : j’avais fait un gâteau que je souhaitais partager avec elle.

 

C’est cette maman qui est enfin sortie de son affreux hôtel social.

C’est ce papa, ému aux larmes parce que je lui ai dit que son fils, traité de délinquant à longueur de journée, était un enfant précieux et intelligent.

C’est cette maman avec qui j’ai longuement parlé au téléphone : « tu sais Mathilde, merci pour tout. Je suis une mère poule, je suis très attentive au confort de mes enfants. Ce que tu fais pour eux, c’est important, ça leur fait du bien, je vois la différence ». Elle terminera sa conversation par « gros bisous et prends soin de toi », dans une période complexe pour moi. J’en ai eu les larmes aux yeux.

C’est le glissement du vouvoiement au tutoiement : lorsque les familles empruntent le « tu », alors la confiance est un peu plus installée.

 

C’est cette ado avec qui j’ai bossé le brevet puis le bac de français.

 

C’est la sagesse exemplaire des enfants quand un intervenant était tout nul : ensemble nous attendions que le temps passe.

C’est aussi les regards complices échangés dans ces moments là.

C’est cet enfant avec qui nous avons passé 10 minutes à jouer. Hors du monde, hors de tout, rien n’existait à part notre jeu.

C’est cette enfant mutique qui s’est mise à parler.

C’est cette enfant aux traits autistique avérés qui aujourd’hui m’a longuement parlé, m’a regardé droit dans les yeux.

C’est les joues rougies et les yeux humides de cet enfant, quand je lui ai dit que sa poésie était sublime.

C’est le regard des enfants quand on les valorise. Quand je leur dit que je suis fière d’eux. Quand ils voient que je le pense.

 

C’est aussi les petits frères, les petites sœurs de maternelles ou encore dans la poussette, qui se détachent, courent dans la salle, s’installent sur une chaise et tentent de s’incruster incognito dans une séance.

C’est ces mêmes petits loups qui viennent me voir régulièrement pour savoir quand, eux aussi, auront le droit de faire des activités et des sorties avec moi.

 

Je me souviendrais de la proximité qui varie entre chaque enfant. De la pudeur de chacun. De leur besoins individuels, de chaque situation unique.

Ce sont toutes les micros situations et les petits nœuds du quotidien détricoté patiemment. Avec toujours le même final : « Merci ».

 

C’est la sensation d’avoir été utile aux gens.

 

C’est les enfants qui me prennent dans leurs bras ou courent me chercher.

 

Ce sont les ateliers cirque, le court-métrage épuisant d’une semaine avec des journées de douze heures, le grand jeu autour des pirates et le mystère de Baldassare Cossa, les ateliers d’écriture avec la Machine à Poèmes.

La semaine d’activités sportives à la Base de Loisirs de Champs sur Marne et ma découverte du canoë.

Ce sont les visites au Centquatre, dans Paris, partout.

 

C’est l’équipe d’animation 2014/2015. Des gens précieux, attentifs et investis. Cette année n’aurait pas pu se faire sans eux.

 

Ce sont les collègues précieux.

Les partenaires bienveillants et reconnaissants. Les longues soirées à construire des projets, les longues plages d’écriture.

C’est les verres en plastique colorés de ma collègues Nathalie, son café filtre si fort et la petite cuisine, lieu des confidences.

Ce sont les expressions de mes collègues : « les gosses de Tata Math ».

C’est ma collègue douce et patiente que j’appelle « Maman Bibi ».

Ce sont les paroles de Maman Bibi : « Tu sais, dans toute ma carrière, ce que tu as fait dans ton secteur, je ne l’ai jamais vu. C’est magnifique ce que tu as fait pour les mômes et les familles. Ça va être un vrai déchirement, pour eux comme pour toi, quand tu vas partir. »

 

 

Trois ans déjà passés avec vous.

La page se tourne.

Les Quatre-Chemins, vous allez me manquer.

 

 

Entre le marteau et l’enclume

L’histoire de la création des maisons de Quartier est intéressante : ces structures de proximités sont nées dans un contexte particulier.

 

Certains petits quartiers ressemblaient à des villages au sein des villes. Avec la population croissante et les idées folles d’architectes ont été créés de grands immeubles.

Ces grandes tours remplaçaient les petits immeubles ouvriers, parfois insalubres.

Pour faciliter l’accès à l’éducation, aux commerces, certains architectes ont placé les lieux de vie au centre de ces tours.

(Ne m’en voulez pas si l’histoire est imprécise : je me base sur mes acquis de BPJEPS!)

 

Et les maisons de Quartier?

Pour apaiser les tensions, éviter le « huis clos » et « l’enclavement », les structures de proximités ont été créées.

Ces lieux ont été pensés comme des intermédiaires entre les institutions et les habitants. L’objectif sur le papier est assez simple :

 

– Pour les habitants : avoir un moyen d’être entendus, par le biais des acteurs travaillant dans les structures.

Ainsi sont nés les collectifs d’habitants, les conseils de maison, et autres formules participatives pour que la parole des habitants soit entendue par l’institution.

(Soit directement, par la présence d’un élu, soit relayée par un acteur de la maison de quartier)

 

– Pour l’institution : d’apaiser les tensions. La création d’une structure de proximité est un geste politique fort, qui montre la volonté des institutions d’écouter les habitants d’un quartier.

 

Et c’est ainsi que nous, acteurs sociaux de proximité, nous retrouvons souvent entre le marteau et l’enclume.

Coincés entre les témoignages (et urgences) des habitants et l’institution (et les volontés politiques, pas toujours connues).

 

Évidemment, je ne dis pas ici que l’institution ne fait rien. Elle donne un minimum pour que les travailleurs sociaux puissent se dépatouiller. Le minimum pour que les habitants ne gueulent pas (ou ne saignent pas un quartier).

Et cela donne souvent des moments compliqués à gérer, car difficiles à argumenter.

 

 

Je vais vous donner l’exemple de la programmation de l’été :

 

A l’année, je me bats contre ce qu’on appelle les sorties de consommation. Ce sont toutes les sorties dont le simple objectif est « de sortir » ou « de s’amuser ».

(Donc des sorties sans but pédagogique).

Il y en a énormément : les sorties au bowling, à la piscine, ou au parc d’attractions.

Ces sorties, sans construction et recherche de financement de la part des enfants / des jeunes/ des adultes est juste un moyen de donner un ticket et de faire plaisir, sans implication aucune de la part du public.

 

Toute l’année, je propose des projets qui ont du sens, qui permettent aux enfants de grandir, de respecter leurs choix et que leur parole soit entendue. Je fais en sorte que les enfants gèrent leurs propres projets : c’est laborieux, coûteux en temps et en énergie. Mais cela permet véritablement aux enfants de grandir et d’évoluer.

 

L’été, par contre, est un gros moment à paillettes : déjà, on ne vise que les familles. Cela pourrait sembler plus simple : gérer des projets avec des adultes, cela va plus vite, non ?

Que nenni. Voici ce qui est proposé  : sorties à la mer, en base de loisirs. Des sorties de conso à tour de bras, construites par l’équipe de la Maison de Quartier.

Les familles ne recherchent rien, elles se présentent juste au bon moment pour s’inscrire et payer.

La dimension de projet est perdue. On devient vendeurs de tickets.

Et pourquoi ? Parce que cela apaise les tensions, pour un an, dans les quartiers.

 

C’est un exemple parmi tant d’autres.

 

Outre la cohérence pédagogique, il y a aussi la dissonance entre parole politique à diffuser et réalité des habitants.

Ceux-ci viennent avec leur quotidien, leurs soucis sur le quartier, leurs problématiques.

Je tente de résoudre ce que je peux, d’orienter, d’aider.

J’essaye de me rendre utile.

Mais lorsque les soucis des habitants patinent et que les personnes reviennent, excédées et parfois épuisées, le sentiment d’être la tomate au milieu du sandwich est affreux.

 

Nous, acteurs sociaux et de terrain, connaissons les réalités des habitants.

Nous aidons, orientons, insistons.

Nous résolvons parfois.

Nous alertons, surtout, et ce à de multiples et nombreuses reprises.

 

Mais lorsque les moyens se réduisent comme peau de chagrin,

Que les problématiques des habitants stagnent et s’enlisent,

Que nous trouvons des solutions « bout de ficelle »

Et que parfois, comble du comble, les réalités du terrain ne montent même pas de deux strates..

Alors oui, je m’interroge.

 

Je sais que mon implication dans mon travail peut parfois changer d’un nanomètre la réalité de vie de certains habitants. Enfants, collégiens, parents ou autres.

Je sais que mon travail est utile. Que ce que je fais est utile.

 

Mais face à l’immobilisme et la lourdeur administrative, le manque de moyens, l’urgence des réalités quotidiennes,et les quelques grosses actions à paillettes chaque année..

Je me dis que notre travail, finalement, c’est juste d’éponger.

 

Nous sommes un pansement mouillé qui empêche les personnes de râler, hurler et se confronter.

 

Heureusement que je me fixe d’autres perspectives. Que le dialogue avec les personnes est aussi (souvent) de trouver des moyens pour résister, inventer, discuter, s’engager.

De trouver des solutions par le biais du collectif, d’un collectif à inventer par les habitants eux-mêmes.

 

Car sinon, cette question me tarauderait beaucoup plus souvent :

Est-ce vraiment rendre service aux gens que de les apaiser ?

 

 

« Est-ce que les enfants, ici, peuvent s’en sortir? »

La maman entre, l’air grave. Elle ferme la porte du bureau, ce n’est jamais très bon signe.

« Mathilde, je voulais vous voir. Je voulais vous voir, parce que j’ai peur ici. J’ai peur dans ce quartier. Je ne suis pas à l’aise, j’ai des insomnies.

Je culpabilise.

Je culpabilise de laisser ma fille ici, dans cet environnement.

Parce que j’ai peur de sortir et que je ne supporte pas le quartier.

Oh, mon appartement est très chouette. Vraiment. Mais ici, dehors, les gens.. j’ai peur, je serre mon sac.

Alors je voulais vous demander, à vous, qui est professionnelle de l’éducation : est-ce que les enfants peuvent s’en sortir, ici ? »

 

C’était début novembre.

J’ai bafouillé une réponse mi-institutionnelle, mi-militante, mi-réelle. Je suis partie d’elle, de ses appréhensions, pour lui dire à demi-mots que si elle était peu à l’aise, il fallait qu’elle parte.

J’étais démunie. Parce que cette maman, si douce, si chouette, posait une question juste.

 

Une question qui me serine régulièrement.

 

Et j’étais démunie parce que je ne voulais pas réellement répondre à sa question.

 

Avec le recul, voici ce que j’aurais aimé lui dire. Il y a des propos que je n’ai pas pu dire. Parce que cela me renvoie à mes propres doutes, sûrement.

Même si j’en ai dit une partie, suggéré certaines choses, c’est ceci qui me hante aujourd’hui :

 

« Madame,

Vous habitez dans un quartier où se côtoient des enfants qui vivent dans des taudis, des familles entières qui vivent dans une seule pièce. Les personnes qui vivent ici ont des conditions de vie bien souvent malheureuses.

 

Elles font ce qu’elles peuvent, ces chères familles. Elles ont des gamins que j’admire au plus haut point.

Les minots les plus malins que j’ai jamais vu. Avec un jugement acéré, une vraie intelligence, de la ruse.

Je n’ai jamais été autant étonnée qu’avec ces enfants.

 

Oui, la ville a décidé que ce quartier serait prioritaire. Qu’il sera rénové. Que nos vendeurs de Malboro Bled vont partir et les petits trafics vont cesser.

Mais ça veut juste dire qu’on va faire reculer ces familles. Les faire déménager plus loin par l’augmentation des loyers. Faire venir Paris plus près.

Faire un peu disparaître le quartier, ce « village » comme l’appellent certains habitants.

 

 

Je comprends tant vos craintes, vos doutes. Quand vous m’avez dit « Je ne la laisserai jamais sortir seule », je n’ai pu qu’acquiescer. Parce que j’ai constaté ici trois stratégies familiales.

 

Les familles qui sortent uniquement avec leurs enfants. Les accompagnent partout. Au sport, à l’école, au centre, à la maison de quartier.

Les enfants qui ne sortent pas. S’ils ne sont pas à l’école ou en maison de quartier, ils sont chez eux. Les « enfants d’appartement ».

Et les enfants qui sont dehors. Dans la rue, au parc, ils sont seuls. Le quartier est une grande aire de jeu pour eux. Ils se déplacent en autonomie. Parfois avec les petits frères ou les petites sœurs. Tous sont mutuellement trop petits pour s’occuper les uns des autres.

 

Il y a la parole des enfants, qui me tord le cœur parfois.

A les entendre, j’ai la sensation qu’ils se battent tout le temps. Pour tout. « Mais on joue ! », qu’ils me disent, ces minots qui se foutent des balayettes laser, des gnons, des cocos, et autres joyeusetés.

Ils sont sincères. Ils jouent vraiment à se taper dessus.

« A croire que c’est la seule distraction », disent parfois les habitants ou les collègues. Mais oui, je crois que pour certains c’est une des principales distractions : la bagarre.

Nous, éduc’, on les sépare. Mais nous ne sommes pas constamment dans la rue.

 

Comme m’a dit cet animateur il y a peu « Au début ils ne font rien de mal, ils vont jouer. Mais la rue les appelle : ils se mettent à trainer. Ils suivent les grands ».

 

 

Quant à savoir si les enfants peuvent réussir..

Les écoles ici font ce qu’elles peuvent. Vraiment.

Et je ne peux qu’être amère : les écoles sont en ruine. Les enfants de maternelle sont dans des préfabriqués depuis 15 ans.

Quinze année que la structure de l’école est temporaire.

 

Les profs se succèdent, parce que les conditions sont dures. Les élèves ne sont pas comme ils les imaginent, et les problèmes sociaux explosent souvent au sein de la classe, de l’école.

Les profs ne s’attendent pas à ça. Ne sont pas formés à ça.

Les enseignants tombent donc malades. Et comment leur en vouloir ? Chapeau bas, chers collègues, vous faites un métier si dur. Pour rien au monde je n’aimerais être instit.

Et je sais que quand vous vous arrêtez, vous êtes au bout de votre vie. Cloués au lit.

Parce que pour la petite gastro ou la petite fièvre, vous venez bosser. Pour tel ou tel élève, pour avancer, ne pas les lâcher.

Les remplaçants manquent. Le non remplacement est la norme.

 

L’éducation est en pointillés.

 

Ces quartiers ne sont pas investis à la hauteur des besoins et des urgences réelles.

 

Nous, travailleurs sociaux et de proximité, nous pansons les plaies.

 

Nous faisons en sorte que ça soit « pas trop mal ». Avec une fête par ci, un repas partagé par là.

Des événements à paillettes qui calment et rendent contents.

Je ne dis pas qu’il n’y en a pas besoin. Bien au contraire, on se doit de valoriser la vie et les belles personnes qui sont dans le quartier.

Mais je connais la volonté politique qui se cache derrière ces moments partagés.

Alors programmer les activités et sorties d’été ne peuvent m’empêcher d’être un peu amère.

 

 

Je comprends tant vos inquiétudes, madame.

Tant.

 

On me demande souvent pourquoi je n’ai pas d’enfants.

Je réponds systématiquement que j’en ai 45 par an. Et que je continue à suivre les enfants qui sont passés au collège, voire les grands frères au lycée.

Parce que je me soucie encore d’eux, je me fais du mouron quand je ne les vois plus. Ou quand je les vois trop dehors.

 

Les enfants ici sont extraordinaires. Mais ici, ils sont gâchés.

 

 

On manque d’écoles, de formations d’enseignants.

On manque d’éducateurs de rue et de médiateurs de rue, métiers qu’on classe progressivement avec celui d’allumeur de réverbère.

On manque de travailleurs sociaux, d’acteurs de proximité.

On manque d’accès au soin. L’attente pour une orthophoniste est de plus d’un an.

On manque de logements salubres et adaptés aux familles.

On manque de parcs. De jeux. « D’espaces libres à investir », m’a dit cet enfant.

 

Tous ces manques alliés à votre sentiment d’insécurité, vos angoisses légitimes m’amènent à une conclusion : ici, les enfants ne s’en sortent qu’en combattant de toutes leurs forces.

Et il ne me semble pas normal, pour des enfants, de devoir lutter pour accéder au basique. »

 

 

Je crois en chaque enfant

Je crois en chaque enfant qui franchit le seuil de la Maison de Quartier. Quand je leur répète, inlassablement, qu’ils sont tous intelligents, ce n’est pas pour flatter leurs égos ni pour me faire aimer.

J’y crois très intimement.

 

Les enfants qui viennent ici ont tous des difficultés. Toujours variées, toujours nombreuses. Souvent liées à l’école, parfois liées à d’autres environnements.

Je suis très consciente du niveau de chaque enfant. Mais ce niveau n’est pas figé : à chaque rencontre, j’observe et j’actualise leurs avancées.

 

Être consciente de là où en est chaque enfant, c’est être consciente de leur réalité, de leur quotidien.

Et avoir de l’ambition pour chacun, c’est ouvrir un possible. Car la sérénité permet l’apprentissage plus aisé et plus rapide de notions.

 

Chaque année, je dis la même chose à ces enfants en refus d’apprendre à lire : « Mon objectif est que tu apprennes à lire. Apprendre à lire, c’est douloureux et pénible : ça fait très mal à la tête. Mais apprendre à lire, c’est devenir autonome : tu n’auras besoin de personne pour te lire une histoire ou le plan du métro ».

Et je reste avec eux, soir après soir. Je ne lâche rien, je fulmine lorsqu’ils font semblant, je rage quand ils me provoquent.

Nous en sortons tous avec les cheveux ébouriffés et un mal de tête du diable.

Je suis avec eux, je crois en eux, j’avance avec eux et je note leurs progrès soir après soir. Et au-delà de les noter intérieurement, j’oralise. A chaque instant, chaque micro pas.

 

Je leur dis à quel point je suis fière d’eux lorsqu’ils franchissent des montagnes.

 

Et chaque soir, je vais voir leurs parents : « Il/Elle a très bien travaillé ce soir. Il/Elle est entré(e) dans la lecture ! C’est un très grand pas, je suis très fière de lui/elle. Et vous pouvez être fier(e) de lui/elle »

 

Ces minots qui venaient la mine basse et cachaient leur cahier de lecture se métamorphosent soudain : arrivée joyeuse, motivation pour lire, envie d’y arriver.

Et ceci malgré leurs difficultés, estompées mais pas volatilisées. L’envie est là, persistante.

Les parents qui m’accueillaient parfois avec inquiétude viennent maintenant me demander : « Alors, comment ça s’est passé ce soir ? »

 

L’objectif fixé, réalisable, associé à l’exigence de l’adulte est une visée positive pour l’enfant. Et devient un devenir accessible et enviable.

 

Et l’exigence ne concerne pas seulement les apprentissages scolaires. Mais tout ce qui concerne la vie en société, le rapport aux autres, le souci du collectif, l’apprentissage de l’autonomie.

La capacité à argumenter, à construire ensemble.

 

 

Je les accueille dans ma structure comme ils arrivent.

J’abandonne les « on dit » de l’école, du centre de loisirs ou les anecdotes croustillantes des cours de récré.

Je me base sur le réel, ici. Sur ce que l’on vit en collectif.

 

Je crois en chacun, en leurs progrès et leurs réussites.

Les petits pas qui, accumulés, permettent de belles avancées.

 

Nouveau projet : Les vacataires – Podcast audio !

Les nouvelles années sont l’occasion des vœux et des projets.

Aussi, j’ai le plaisir de vous annoncer notre nouveau projet de podcast audio : les Vacataires!

Dans ce podcast nous parlerons d’éducation, l’animation et l’éducation populaire!

 

Nous vous y proposerons plusieurs formats : des sujets, des rencontres de professionnels aux pratiques innovantes, mais également des directs dans lesquels vous pourrez réagir et discuter avec nous !

Avec Amandine, nous serons deux, cachées derrière cette émission.

 

Je vous raconte à l’oreille ce nouveau projet..

 

Je vous invite, si vous le souhaitez, à suivre notre compte twitter :Les Vacataires, et le compte d’Amandine, co-fondeuse du podcast !

 

Belle année à tous!

Les adultes m’ont terrorisée

 

A trois ans, j’ai été punie toute une journée dans ma classe. Je n’avais pas colorié suffisamment soigneusement « Boucle d’or et les Trois Ours ».

A cinq ans, mon oncle m’a dit sans sourciller qu’il préférait mon frère à moi. Parce que c’était ainsi.

A six ans, un instituteur m’a mis une calotte derrière la tête. Un autre enfant se faisait soulever par les oreilles. Stupéfaite de la scène, j’observais. Je n’aurais pas dû.

A huit ans, j’ai vu mon enseignante mettre deux allers-retours à un cher ami, avec des bagues si grandes, si épaisses.

A huit ans, j’ai entendu ma grand-mère maternelle dire qu’elle n’aimait pas les arabes. J’ai essayé de répondre. Mais ma répartie d’enfant n’était pas suffisante.

A neuf ans, j’ai entendu toute l’année en classe que mes supers copains, pas très bons à l’école, allaient finir éboueurs.

A neuf ans, j’ai entendu toute l’année que mes supers copines, pas très bonnes à l’école, allaient finir éboueuses.. Ou pire.

A dix ans, mon enseignante m’a appris à me ranger les mains dans le dos, le dos droit. J’ai appris à ne pas regarder l’adulte qui me parle, j’ai appris que c’était de la provocation.

A dix ans, en classe verte, je me suis planquée en serviette derrière un placard. L’instit entrait dans la chambre comme une furie, je sortais de la douche. J’ai eu peur, peur de sa colère, de ma quasi nudité d’enfant face à sa puissance d’adulte. Je me suis cachée.

A onze ans, un adulte quasi inconnu, discutant avec mon frère, m’a qualifiée de pute.

A douze ans, les adultes ont commencé à régulièrement commenter mon corps. Pas assez ci, beaucoup trop ça.

A douze ans, j’étais persuadée que j’étais affreuse.

A douze ans, personne ne m’a contredite.

A douze ans, j’ai été suivie dans la rue par la première fois par un adulte répugnant. Je crois qu’il se touchait. Je suis rentrée chez moi, en nage. Mon père m’a juste dit « Il ne t’as pas touchée ? Alors ce n’est pas grave ».

A treize ans, j’ai pris mes premières mains au cul de la part d’adultes. Des mains qui glissent le long de mes cuisses. Qui frôlent mes fesses. Qui touchent le bas de mon dos.

Qui érotisent mon corps sans mon consentement.

Puis j’ai cessé de compter.

De compter ces défaites et ces moments de honte.

Aujourd’hui, je préfère me souvenir.

Toutes les paroles injustes et blessantes restent gravées. Tous les gestes indélicats et déplacés sont comme des blessures béantes.

Me souvenir pour ne jamais reproduire.

Les enfants n’oublient pas.

Investissement professionnel : jusqu’à quel point?

Ma mère est enseignante.

Elle travaille du lundi au vendredi. Elle arrive au travail tous les jours à 7h30. Quand elle arrive le soir à 18 heures, on se félicite qu’elle soit rentrée si tôt.

Toutes les petites vacances, elle passe une semaine dans sa classe. A trier, préparer, adapter les notions en exercices abordables pour chaque niveau.

Parfois pour chaque enfant.

 

Mon père travaillait dans une société d’assurances.

Petite, j’avais la sensation qu’il rentrait entre 21 heures et 23 heures.

Je l’ai vu avoir des insomnies. Réfléchir la nuit à son travail.

Je l’ai vu téléphoner pendant ses vacances pour voir si tout allait bien.

 

Mes parents sont (ou ont été) très investis dans leur travail.

Enfant, j’ai intériorisé cette notion du travail « bien fait », synonyme pour moi d’implication. Autant temporelle qu’intellectuelle.

J’ai vu mes parents aller au travail malades. Ils ne prenaient le temps d’aller chez le médecin que lorsqu’ils ne pouvaient pas quitter le lit.

 

 

Et moi maintenant.

Je reproduis ces schémas. Naturellement.

 

Je fais en moyenne entre 15 et 20 heures supplémentaires par mois.

Je cherche parfois des solutions chez moi : comment aider tel enfant ? Comment trouver des solutions pour telle famille ?

La segmentation n’est pas si évidente.

Jusqu’à très récemment, je répondais au téléphone en soirée. Parfois le week-end.

Je n’hésite pas à travailler le samedi, le dimanche, en soirée.

J’ampute souvent mon temps de récupération : je n’arrive pas à trouver les moments, trop de choses se superposent.

 

Le travail nous rend malade.

Dans le service public, la demande est criante. Les usagers déposent leurs détresses, la misère sociale est exaspérante.

Et nous, moi, chacun, on essaye de combler les trous.

Par envie de bien faire (ou juste correctement), on s’épuise. On se tue.

 

Je n’attends même pas de merci ou de bravo.

Nous n’en sommes plus là.

 

J’ai besoin de repos.

De formation.

De relais.

 

 

A quand une alternative ? Quand déciderons-nous de nous centrer sur le partage des savoirs ? La valorisation de certaines tâches ? Quand pourrons-nous juste dormir, lorsque nous sommes vannés ?

Avons-nous besoin d’aller jusqu’au harassement pour admettre qu’il faille prendre le temps ?

 

Le salaire à vie n’est pas pour demain, malheureusement.

Mais à force de tirer sur la corde, nous succomberons d’épuisement.

 

 

Précaires : connaissons nos droits !

Comme je vous l’ai expliqué auparavant, j’ai été stagiaire, service civique et je suis actuellement en CDD de la fonction publique territoriale. Des statuts qui offrent de nombreux inconvénients, tant dans la stabilité personnelle que dans les perspectives de vie.

Ces statuts précaires fragilisent grandement les personnes en poste : il est complexe de décoder les consignes hiérarchiques, les règlements internes aux structures et la réglementation officielle.

 

Je me suis toujours intéressée aux différents codes du travail auxquels j’étais soumise. Cela m’a permis de faire valoir mes droits, de ne pas me laisser faire face à certains comportements crapuleux de certains employeurs.

Je rencontre régulièrement des personnes qui se soumettent aux impératifs de travail décrites par l’employeur.

Certaines sont fausses.

 

Voici les légendes urbaines auxquelles j’ai pu être confrontée et auxquelles mes collègues précaires font également face.

Vous trouverez tout en bas de l’article des pistes d’action pour se sortir de ces situations compliquées. Enfin, ma mémoire n’est pas forcément actualisée : aussi, n’hésitez pas à me signaler ce qui est erroné !

 

Service Civique

1) Le service civique ne va que jusque 26 ans.

Effectivement. Par contre, le volontariat de service civique permet aux jeunes ayant plus de 26 ans de s’engager, pour des durées de 6 à 24 mois dans des structures d’utilité publique.

Ce dispositif est peu connu et peu approprié part les structures.. Et pour cause ! Le volontariat de service civique oblige les structures à gratifier plus leurs volontaires : 640€/mois au lieu de 540€/mois.

 

Petit rappel du découpage de la gratification  :

– Pour un service civique : 440€ versé par l’état / au moins 100€ par la structure d’accueil

– Pour un volontariat de service civique : 440€ versé par l’état / au moins 200€ par la structure d’accueil.

 

2) Le service civique est payé 540€/mois.

C’est la somme minimale à verser à un volontaire. Rien n’oblige les structure à limiter leur somme à 100€ par mois pour un SCV.

Une structure peut très bien concevoir qu’il est impossible pour un jeune de s’en sortir avec moins de 600€ par mois, et donner un peu plus.

Cette somme correspond au remboursement des frais de bouche (ce qui fait que, par exemple, en tant que SCV, je n’avais pas le droit aux tickets resto..!)

 

3) Après mon service civique, j’ai le droit de percevoir les indemnités chômage.

Absolument pas ! Le service civique est un engagement citoyen (maintenant obligatoire, si j’ai bien compris), d’où l’appellation de « volontaire » : ni bénévole, ni salarié. La somme versée au volontaire pendant son SCV n’est pas un salaire, mais une gratification.

Par conséquent, le temps passé n’est pas un temps de travail. Cela n’ouvre pas de droit aux allocations chômage.

 

4) Le service civique ne peut durer que 12 mois.

Le service civique peut durer de 6 à 12 mois, reconductible une fois. Il peut donc durer plus longtemps.

Si le volontaire, entre son premier engagement et le second, a plus de 26 ans, il passe alors en volontariat de service civique et est payé plus.

 

5) Je suis parfois seul(e) en animation face public, et mon tuteur n’est pas dans la structure.

Le service civique n’est ni un emploi, ni un stage. Cela signifie que l’encadrement du tuteur et sa présence (surtout face public) doit être effective.

Évidemment, les tuteurs laissent une marge de liberté assez appréciable et laissent parfois les volontaires en autonomie sur des animations.

Toutefois, ils sont responsables de leurs volontaires : ainsi, l’absence d’un tuteur est courante (mais anormale), son absence de la structure amène de vraies problématiques au niveau réglementation. En effet, s’il y a accident sur la structure, le SCV n’est pas à blâmer : le tuteur aurait dû être sur place.

Exemple : Je mène une animation le soir de 19h à 20h. Il n’y a aucun responsable sur place (ni directeur, ni adjoint, ni animateur). Seul est présent avec moi l’agent d’accueil.

Je suis seule en animation avec 15 enfants, le nombre a été validé par mon tuteur.

Un enfant se blesse lors d’un jeu, et doit aller à l’hôpital.

→ Outre la gestion de l’urgence, on touche du doigt un réel problème. Si le tuteur pose la faute sur moi (défaut de surveillance, manque d’encadrement), je peux le retrouver aux Prudhommes.

En effet, c’est de son devoir de ne pas me mettre en difficulté, d’être présent sur les animations, ou du moins de laisser une personne qualifiée sur place.

 

Stage

1) On ne peut pas partir d’un stage.

Bien sûr que si… Et encore heureux ! A mon sens, il ne faut pas hésiter à partir d’un stage qui ne remplit par les objectifs initialement fixés, qui mettent en difficulté le stagiaire ou qui le rendent simplement malheureux.

Partir d’un stage est compliqué (je l’ai déjà fait), mais c’est une expérience intéressante pour l’entreprise et le stagiaire.

Cela montre également à l’entreprise qu’elle ne peut pas se permettre n’importe quoi avec les stagiaires recrutés.

 

2) Pour partir d’un stage, il y a un préavis.

Le départ d’un stagiaire est immédiat : il demande simplement d’effectuer un avenant à la convention de stage, indiquant la date de départ de l’entreprise.

Le stagiaire n’est pas tenu de finir les missions qui lui ont été confiées, de tirer jusqu’à la fin de la journée, de la semaine ou la fin du mois.

Une fois passé aux Ressources Humaines, l’avenant signé par les deux parties, le stagiaire peut immédiatement partir. La signature de cet avenant est une couverture pour tous : elle permet à l’entreprise de ne pas avoir de problèmes une fois le stagiaire sorti de la structure (en cas d’accident, par exemple); au stagiaire de prouver qu’il y a rupture dans les règles, et pas abandon de poste. Cela permet de savoir à l’école que le stage est rompu… et d’être informé qu’il est nécessaire d’en trouver un autre !

 

3) Il est possible de faire un stage sans une convention

Non, le stage est soumis à une convention, en trois exemplaires. Elle est signée par le stagiaire, l’école/l’université et la structure d’accueil.

La convention précise le cadre de travail, les horaires, les contraintes particulières, la gratification.

C’est un document essentiel qui pose les devoirs de l’entreprise vis à vis du stagiaire accueilli, de l’école et du stagiaire.

Un stagiaire ne peut pas entrer en entreprise si la convention n’est pas signée par les trois parties.

 

4) Il est possible de ne pas avoir de tuteur de stage

Un stagiaire n’est pas un employé : il doit avoir une personne de référence dans l’entreprise qui va lui confier des missions et va l’accompagner dans son évolution professionnelle. Les missions confiées sont en rapport avec sa fiche de poste,

Un tuteur est obligatoire dans une structure. Il arrive parfois que le tuteur laisse le stagiaire en freestyle.

Il est possible de reprendre la convention et/ou la fiche mission du tuteur, précisant le rôle vis à vis du stagiaire. Il est également possible, pour le stagiaire, de faire un point avec son tuteur expliquant qu’il se sent démuni et nécessite plus d’encadrement.

En cas de soucis, l’école peut éventuellement intervenir auprès du tuteur, pour repréciser le cadre du tutorat.

 

5) Le stage est forcément aux 35h/semaine

La convention précise le nombre d’heures à effectuer par le stagiaire, le rythme de l’alternance et la répartition des jours.

 

6) Le stage est forcément gratifié.

En deçà de deux mois (soit 140h x 2), les stages ne sont pas rémunérés par l’entreprise. Au delà, il y a obligation de gratifier les stagiaires, que ce soit dans la fonction publique ou privée.

 

7) Le stage ne peut pas être payé plus que 436€ par mois

Si. Il y a une gratification minimale, au-delà de deux mois en temps plein. Les employeurs peuvent décider de gratifier plus un stagiaire, de lui offrir des avantages en nature (tickets resto, etc).

Tout cela doit être spécifié dans la convention de stage.

 

8) L’entreprise a un devoir d’apprentissage

Oui, absolument.

Il est essentiel de différencier le stage du travail salarié. Le stage implique que la personne accueillie est en formation, en apprentissage.

Un stage qui permet juste à l’entreprise de se débarrasser des taches ingrates n’apporte rien au stagiaire : faire des photocopies pendant un mois n’apporte rien au CV.

M’étant retrouvée dans cette situation, j’ai demandé à mon tuteur avant de partir ce que je pourrais valoriser dans mon CV. Nous n’avons pas trouvé d’éléments, tous les deux.

Si aider et faire la petite main me semble logique (et en tant que travailleur salarié, on s’acquitte aussi du travail de petites mains), le stage ne doit pas être qu’une succession de petites tâches déconnectées.

Si le tuteur fait miroiter des taches intéressantes futures, si les tâches ne s’inscrivent pas dans le projet présenté en entretien, alors le stage risque d’être une esbrouffe et une perte de temps pour le stagiaire.

 

 

Stage BPJEPS

Le stage BPJEPS (Brevet Professionnel de la Jeunesse, de l’Education Populaire et des Sport) est la formation pour le métier d’animateur professionnel.

Cette formation est vécue en alternance entre une structure de terrain (MJC, Centres Sociaux, Centres de Loisirs) et l’organisme de formation.

Il y a différentes spécialités pour le BPJEPS. J’ai pour ma part suivi la formation d’animatrice culturelle.

 

1) Un BPJEPS est toujours sur 18 mois.

Non, tout dépend de l’organisme de formation. J’ai personnellement choisi volontairement un cursus court (11 mois de formation, en alternance). Il existe des cursus beaucoup plus longs.

 

2) Le rythme de l’alternance est pareil pour toutes les spécificités / les organismes.

Encore une fois, tout dépend de l’organisme de formation et la spécificité choisie.

J’étais sur un rythme d’alternance de 2 semaines / 2 semaines : 2 semaines en cours, 2 semaines en entreprise. Le mercredi était toujours un jour en structure.

Ce rythme très malin permettait aux entreprises de ne pas s’habituer trop longtemps à notre présence, et de rester suffisamment pour pouvoir mettre des actions en œuvre.

 

3) Étant stagiaire, j’ai le droit d’être payé(e) comme un(e) stagiaire en université (400€ et quelques par mois) ?

Absolument pas, et c’est tout l’aspect vomitif de ce système.

Lorsque j’étais en BPJEPS, on nous a expliqué qu’étant dans une formation pour adulte, et hors d’une formation universitaire, nous n’avions aucune obligation d’être gratifiés.

Cette faille béante, bien connue des structures, amène les stagiaires qui ne sont ni en contrat pro, ni en contrat d’apprentissage à ne pas toucher un sou.

Hé si.

(Je n’ai pas connaissance de l’existence de BPJEPS à l’université ou en DU. Si ce type de formation existe, elle n’est clairement pas majoritaire..!)

 

4) Du coup, je ne suis pas payé(e) du tout ?

Si sur le papier, les stagiaires BPJEPS ont le droit (!) de ne pas être gratifiés, cela ne signifie pas que la structure ne doit rien leur donner.

En ce qui me concerne, j’ai négocié avec ma structure. J’ai expliqué que je voulais toucher plus que lorsque j’étais en service civique, étant plus qualifiée qu’au début de mon volontariat. Cela m’a été accordé, ainsi que le remboursement du pass Navigo.

S’il n’y a pas négociation, les structures ne verseront rien : elles n’ont même pas l’obligation de suffire aux frais de bouche (comme pour les SCV).

C’est au stagiaire de négocier les tickets resto, remboursement des frais de transports, etc.

 

5) Je dois financer ma formation de ma poche ?

En 2011, lorsque j’ai commencé ma formation, celle-ci coûtait 4600€. Il existe de nombreux dispositifs pour financer un BPJEPS (la Région Ile de France, le département, Pole Emploi, etc).

Si vous vous lancez dans un BPJEPS, je ne peux que vous inciter à vous renseigner sur les types de financement.

Dans tous les cas, les financements de formation sont attribuées par Pôle Emploi ou la Mission Locale.

Cela prend du temps et demande beaucoup d’abnégation. Ne lâchez pas l’affaire !

 

6) Si j’ai accepté mon stage BP dans une structure, je suis obligé(e) d’y rester.

Il arrive que le stage se déroule très mal sur une structure. Comme tout stage, un avenant le rompt.

En BPJEPS, les formateurs tentent souvent d’apaiser les tensions, avec les rencontres de tuteurs. En effet, une année de stage passe rapidement au regard des objectifs à accomplir.

On vous incitera souvent à rester dans la structure, mais si les soucis sont trop importants à vous de peser le pour et le contre.

 

7) Mes missions ne concernent que mon projet BPJEPS.

Il est précisé dans les formations (voire dans les conventions de stage) que le stagiaire est amené à travailler sur son projet, mais également à aider au quotidien de la structure.

Les gros événements demandant l’implication de tout l’effectif ou certaines actions particulières peuvent être confiées aux stagiaires.

 

8) Je n’ai pas le droit de travailler sur mes écrits dans ma structure.

Oh que si !

Les employeurs savent que deux écrits sont demandés aux stagiaires : le projet et le rapport de stage. Ce travail est en corrélation avec le travail mené dans la structure. Ce n’est ni du travail personnel, ni du temps de glandouille.

L’organisation de son temps est avant tout à présenter au tuteur. Dans les stagiaires BP de ma promo, ceux qui avaient présenté l’importance de ces moments au tuteur ne se l’étaient pas vu refuser.

 

Et sur tous ces statuts précaires :

1) Le tuteur est le supérieur hiérarchique du stagiaire.

Non, surtout pas. C’est une confusion que je comprends tout à fait : en tant que stagiaire, on se sent parfois hors de l’organigramme.

On calque alors le fonctionnement « tuteur/tutoré » au monde de l’entreprise (« boss/employé »).

Le tuteur n’est toutefois pas le supérieur hiérarchique : c’est l’encadrant dans l’entreprise, garant de l’apprentissage dans la structure.

Son rôle, plus que de donner des ordres, est d’aider à l’adaptation dans la structure, d’accompagner le stagiaire dans ses questionnements. Son rôle est également de vérifier que les missions qui lui sont confiées sont en adéquation avec l’objectif de son stage.

Il peut également accompagner dans le stagiaire dans ses écrits.

 

 

CDD fonction publique territoriale

 

1) Je n’ai pas signé mon arrêté (contrat dans la fonction publique) et je suis en poste.

Dans la fonction publique, il arrive que le contrat arrive tardivement. Il s’avère que, comme dans tout contrat, un arrêté qui n’est pas signé au delà d’un mois de prise de poste équivaut à un CDI.

N’hésitez pas à le rappeler à votre administration, cela lui donnera quelques sueurs froides.

 

2) Qu’est-ce qu’un poste vacant ?

Un poste vacant est un poste permanent, un siège vide. Ce poste est considéré comme essentiel dans la structure et la marche de l’administration (au moment où le poste est vacant, j’entends. Il peut disparaître quelques années plus tard.)

Ce poste est prioritairement donné à des personnes titulaires (fonctionnaires) que contractuelles.

 

4) Si je suis sur un poste vacant, je peux être licencié pour laisser la place à un titulaire ?

Licencié, peut-être pas. Par contre, mettre fin à la période d’essai ou ne pas reconduire le contrat arrivé à son terme, oui !

Dans l’administration publique, les titulaires sont prioritaires pour obtenir ces postes. Cela explique la période d’essai démesurément longue en CDD d’un an (3 mois à mon arrivée!), qui permet au fonctionnaire qui a quitté le poste de pouvoir le reprendre.

 

5) Est-ce normal que je n’ai pas les mêmes primes que tout le monde ?

Oui. Le statut de contractuel induit que certaines primes ne sont pas attribuées. Par exemple, il m’a été expliqué à de nombreuses reprises que la NPI, prime dédiée aux agents travaillant en zone prioritaires et étiquetée zone « à risque » n’est donnée qu’aux titulaires.

(Cela ne signifie pas forcément que cela soit vrai ou juste..!)

 

 

Comment se sortir de ces moments compliqués ?

Il existe des solutions qui permettent de sortir des spirales infernales. En voici quelques-unes :

 

1) Demandez votre fiche de poste/vos missions par écrit.

Quel que soit notre statut, la fiche de poste est un élément clé pour ne pas être amené à faire un « stage/service civique photocopieuse ».

La fiche de poste décline les missions que l’on sera amené à faire. Dans les SCV et les stages, c’est l’offre d’emploi qui peut faire office de fiche de poste.

Sans fiche de poste, tout peut vous être confié : le travail du copain et ceux des voisins. La fiche est un cadre qui protège le précaire.

Sachez qu’une fiche de poste peut être modifiée, ou des éléments peuvent être rajoutés : lors de mon service civique, j’ai demandé à ce que l’on rajoute certaines missions à ma fiche. Cela permet de préciser les missions souvent données oralement, qui perdurent dans le temps. Cela précise également les missions qui seront données à votre successeur.

(Et globalement, demandez toute consigne qui vous semble louche par écrit !)

 

2) Négociez

En tant que précaire, on arrive souvent à pas de loup dans une structure. Bien content d’avoir eu une extraordinaire opportunité, la légitimité à négocier des avantages semble souvent inapproprié.

Il faut un peu de cran, un peu d’audace pour réclamer des avantages qui ne sont pas écrits sur le papier.

Sachez que négocier, cela ne coûte rien. Se voir dire « non », cela ne coûte rien non plus.

Enfin, demander des avantages en nature pour un stage ou un service civique, c’est aussi repréciser notre statut de précaire : les 100€ par mois en plus ou les tickets resto, c’est avant tout de la nourriture, payer des factures, le loyer.

Ce n’est pas du confort. C’est juste vital.

 

3) Explicitez nos conditions de vie et nos réalités quotidiennes.

Expliquez à vos collègues comment on vit avec 400€ par mois. Vos cumuls d’emplois, vos bidouilles, vos emprunts à la banque.

Racontez votre vie quotidienne. Comment on tient avec 30€ pour faire les courses pendant un mois.

Ce n’est pas pour faire pleurer dans les chaumières. Mais de nombreux collègues ou supérieurs ne sont pas conscients de nos réalités.

Aussi, quand on vient vous bassiner sur votre « bel engagement en tant que service civique », reprécisez les choses : Oui, l’engagement c’est sympa. Mais si j’avais pu trouver un travail, j’aurais très sûrement sacrifié mon bel engagement citoyen.

Si vous êtes face à des moqueries liée à votre statut : « La petite stagiaire, elle ira bien me faire quelques photocopies? », et ci celles-ci vous dérangent, surtout dites-le. Cela peut se faire simplement et sans agressivité.

Si cela vous gêne, refusez l’appellation « stagiaire », « service civique ». Autrement, on ne présente jamais personne par son statut, mais par sa fonction.

..Et enfin, le jour où (enfin!) vous aurez décroché votre CDI, souvenez-vous comme c’était dur, pour ne pas tomber dans l’oppression des précaires !

 

4) Dire non, ce n’est pas être méchant.

La pression est parfois forte, les phrases des supérieurs bien tournées, ou simplement on n’ose pas dire non. Pourtant, refuser une tâche ou un ordre absurde, ce n’est pas être méchant. C’est repositionner l’angle hiérarchique, ou celui du tutorat pour les services civiques ou les stages.

Évidemment, un « non » tout sec aura du mal à passer. Mais si vos arguments sont légitimes, que la tâche sort de vos missions, est absurde ou vous met en danger, il n’y a pas de raison que le refus soit mal prit.

Si votre supérieur ou tuteur a comme unique argument « tu dois m’obéir », alors votre argument est d’autant plus valable.

Ne lâchez pas !

 

5) Osez partir quand ça se passe mal.

Un stage, un service civique ou un contrat qui ne se passe pas bien, cela arrive. Il est vrai que lorsqu’on a passé moults entretiens d’embauche pour un stage, on réfléchit à deux fois avant de partir.

Faites le point. Pesez le pour et le contre :

– Est-ce que j’apprends des choses, au court de ce stage/service civique/contrat ?

– L’expérience accumulée me sera-t-elle profitable? Pourrais-je valoriser mon expérience?

– Est-ce mon tuteur/mon supérieur me donne le droit à l’erreur ?

– Puis-je voir l’ensemble d’un projet ? Suis-je assigné uniquement à des tâches déconnectées entres elles ?

– Les tâches confiées correspondent-elles à l’offre d’emploi/service civique/stage ?

– Me parle-t-on convenablement ? Prend-on le temps de m’expliquer ?

– Suis-je écouté ?

– La pression est-elle présente ? Si oui, est-elle supportable ?

– Ais-je envie de poursuivre dans ce type de secteur ?

 

Partir est compliqué. Mais il me semble important qu’une structure qui accueille mal un stagiaire ait un retour de ses failles et défauts.

Et enfin, comme dirait ma chère mère : « à l’impossible, nul n’est tenu ». Si partir peut sembler un acte lâche, il faut réunir beaucoup de courage pour dire « non » à son employeur.

Et réussir à dire non, c’est le premier pas vers le refus à la soumission et à la fragilité induite par la précarité de nos statuts.

 

6) Se renseigner sur ses droits, les connaître et les faire valoir.

C’est à mon sens le plus important.

Renseignez-vous en permanence sur vos droits. Vérifiez toujours ce que l’on vous dit, que l’information vienne du super collègue syndicaliste ou de votre supérieur. Il y a de nombreux sites qui facilitent l’accès à la réglementation.

Conservez les informations importantes. Et surtout, faites-les valoir. Ce dernier élément est très difficile, j’en ai bien conscience.

Mais ce n’est qu’en connaissant ses droits et en les revendiquant que l’on sort du système oppressif dans lequel sont maintenus de nombreux précaires.

 

 

Pour aller plus loin, je vous invite à vérifier tout ce que je vous ai dit ci-dessus :

Legifrance : L’actualité des textes législatifs. Dur à décoder au début, mais plus on s’accroche, plus c’est lisible!

Génération Précaire : spécifiquement autour du droit des stagiaires, un peu des services civique.

Agence Nationale du Service civique : pour la réalité officielle

Infosdroits : superbe portail d’information sur le droit public et privé

Jurisanimation : le portail juridique lié à l’animation http://www.jurisanimation.fr/

Le journal du directeur, publié chaque année, lié à la réglementation dans l’animation (et donc aussi les contrats, taux horaire, etc) :