Les adultes m’ont terrorisée

 

A trois ans, j’ai été punie toute une journée dans ma classe. Je n’avais pas colorié suffisamment soigneusement « Boucle d’or et les Trois Ours ».

A cinq ans, mon oncle m’a dit sans sourciller qu’il préférait mon frère à moi. Parce que c’était ainsi.

A six ans, un instituteur m’a mis une calotte derrière la tête. Un autre enfant se faisait soulever par les oreilles. Stupéfaite de la scène, j’observais. Je n’aurais pas dû.

A huit ans, j’ai vu mon enseignante mettre deux allers-retours à un cher ami, avec des bagues si grandes, si épaisses.

A huit ans, j’ai entendu ma grand-mère maternelle dire qu’elle n’aimait pas les arabes. J’ai essayé de répondre. Mais ma répartie d’enfant n’était pas suffisante.

A neuf ans, j’ai entendu toute l’année en classe que mes supers copains, pas très bons à l’école, allaient finir éboueurs.

A neuf ans, j’ai entendu toute l’année que mes supers copines, pas très bonnes à l’école, allaient finir éboueuses.. Ou pire.

A dix ans, mon enseignante m’a appris à me ranger les mains dans le dos, le dos droit. J’ai appris à ne pas regarder l’adulte qui me parle, j’ai appris que c’était de la provocation.

A dix ans, en classe verte, je me suis planquée en serviette derrière un placard. L’instit entrait dans la chambre comme une furie, je sortais de la douche. J’ai eu peur, peur de sa colère, de ma quasi nudité d’enfant face à sa puissance d’adulte. Je me suis cachée.

A onze ans, un adulte quasi inconnu, discutant avec mon frère, m’a qualifiée de pute.

A douze ans, les adultes ont commencé à régulièrement commenter mon corps. Pas assez ci, beaucoup trop ça.

A douze ans, j’étais persuadée que j’étais affreuse.

A douze ans, personne ne m’a contredite.

A douze ans, j’ai été suivie dans la rue par la première fois par un adulte répugnant. Je crois qu’il se touchait. Je suis rentrée chez moi, en nage. Mon père m’a juste dit « Il ne t’as pas touchée ? Alors ce n’est pas grave ».

A treize ans, j’ai pris mes premières mains au cul de la part d’adultes. Des mains qui glissent le long de mes cuisses. Qui frôlent mes fesses. Qui touchent le bas de mon dos.

Qui érotisent mon corps sans mon consentement.

Puis j’ai cessé de compter.

De compter ces défaites et ces moments de honte.

Aujourd’hui, je préfère me souvenir.

Toutes les paroles injustes et blessantes restent gravées. Tous les gestes indélicats et déplacés sont comme des blessures béantes.

Me souvenir pour ne jamais reproduire.

Les enfants n’oublient pas.

Aliénée

J’aime faire du vélo seule dans la nuit.

 

A dix-sept heures, la nuit pointe le bout de son nez. Le canal de l’Ourcq est déjà désert, seuls quelques marcheurs rentrent, les mains serrées dans leurs poches.

J’aime ce calme qui règne dans la ville. Je respire à pleins poumons, mes yeux pleurent à cause du froid. Je sens le vent traverser mes mitaines-moufles. J’écarte un peu les doigts du guidon, petit mouvement propre à ma conduite.

Je me sens bien.

 

Et pourtant.

Et pourtant, ce soir en faisant du vélo, libre dans la ville, la colère est montée.

Ces gestes que j’aime tant. La liberté d’être et de me mouvoir une fois la nuit tombée. De penser, d’observer. D’être à mon rythme.

Combien de fois m’autorise-je à le faire ?

 

Le regard des passants jaugent ma robe courte. Observent.

Les paroles des proches : « tu rentres seule ? Fais attention ». Mais à quoi, à qui ?

Ces paroles qui s’ancrent malgré tout. L’angoisse inexpliquée certains soirs, que mes monologues rationnels n’effacent pas.

 

La nuit est dangereuse pour les femmes. Mieux vaut être escortée, me dit-on.

Alors seule dans la nuit, parfois je fuis. Je roule à en perdre haleine, je dépasse des ennemis imaginaires. Je reviens chez moi palpitante, transpirante.

Enfin en sécurité. A l’intérieur.

 

Je m’arrache au silence de la nuit. J’abandonne la possibilité d’observer seule. Je ne déguste plus ce temps au ralenti.

Je ne pourrais en profiter librement qu’à dix-sept heures, une fois l’hiver venu.

 

Je suis une femme : merci pour le rappel constant

On m’a apprit à me tenir droite et à m’asseoir convenablement. A ne pas parler trop fort, et surtout à ne pas couper la parole et à écouter les autres.

A être féminine sans faire trop aguicheuse.

 

J’ai appris à mettre des décolletés, à en assumer les conséquences si les yeux de mes interlocuteurs se perdaient dans mes seins. Ne l’avais-je pas un peu cherché, après tout ?

J’ai appris à mettre des talons, ni trop haut ni trop bas. Suffisamment haut pour me faire un joli galbe, pas assez haut pour me casser le dos.

J’ai appris à me maquiller et à prendre soin de moi, pour dissimuler mes imperfections quotidiennes.

 

J’ai appris à combiner ma personnalité et les caractéristiques dites féminines : douceur, patience, calme, joie tranquille, empathie.

Certaines étaient inhérentes à ma personnalité. Pour d’autres, ça n’arrivera malheureusement jamais.

 

Et un jour, j’ai commencé ma contre-éducation.

 

J’ai continué à parler lorsqu’on me coupait la parole. Parole souvent coupée par ces messieurs. Et moi qui m’interrompait auparavant parce que « quand même, ça peut être intéressant, ce qu’il dit. »

J’ai continué à parler. J’ai parlé plus fort. J’ai maintenu les regards.

 

J’ai appris à sortir sans maquillage. J’ai été si stupéfaite que tous me disent « tu as l’air si fatiguée ». Non les amis, je ne suis juste pas maquillée.

 

J’ai appris à me tenir moins droite. A m’étaler dans mes chaises quand mon dos crie famine. A écarter grandement les jambes quand un monsieur en fait de même en face de moi.

 

J’ai commencé à parler un peu plus fort. A parler du harcèlement de rue quasi quotidien.

Les « salopes » susurrés par des inconnus dans la rue, les « t’aimes ça, les jupes courtes ? » au creux de l’oreille.

Les commentaires inappropriés sur mon physique, sur mes seins, mes fesses, mes jambes, mes cheveux.

A sexualiser mon corps en permanence, alors que je n’ai rien demandé.

 

J’ai commencé à répondre. À ce collègue qui a sous-entendu qu’il pouvait me baiser tranquillement entre deux portes, à cet autre qui faisait remarquer que j’avais de gros seins.

 

J’ai commencé à dire non à la drague. Non, je ne suis pas un territoire, ton territoire.

 

J’ai appris à renvoyer la balle. A tous ces mecs qui ne comprennent pas le harcèlement de rue, je leur propose une petite démonstration : je les regarde de bas en haut, insiste sur leurs fesses. Regarde ouvertement leur entrejambe. Et je parle sans m’interrompre : « Alors mon joli, tu sais que tu as un joli petit cul ? T’aimes ça, les pantalons beige ? Et t’as l’air d’avoir une jolie petite paire, tu veux pas me montrer, on va aller dans un recoin là-bas. Mais sois pas timide… DE TOUTES FAÇONS T’ES MOCHE, CONNARD ! »

Piteux qu’ils étaient, ces garçons.

Et ils ont appris à faire un peu attention. Au moins à ce qu’ils répondent aux filles victimes de harcèlement de rue.

A accepter leurs paroles.

 

Mais je continue à être stupéfaite et en colère.

Que voulez-vous dire quand certains mecs m’annoncent sans ciller qu’ils cherchent à me conquérir ? (Oui, il y a un petit côté Napoléon..)

Comment masquer ma colère face à ces gens qui me disent que je ne dois pas « avoir chaud aux yeux … Si tu vois ce que je veux dire.. ! »

Que voulez-vous faire quand, si jeune et suivie dans la rue, mon père et mon frère m’ont dit en même temps « Il t’as pas touchée ? Bah c’est pas grave alors ! »

Si c’est grave. J’avais douze ans. J’ai été suivie jusque chez moi par une personne, qui m’a dit au bout de ma rue (toujours au creux de l’oreille) : « Merci, j’ai pris beaucoup de plaisir Mademoiselle ».

J’ai eu si peur.

 

Que dois-je répondre à ces gens qui, parce que je suis une femme, me disent en ricanant que je suis bonne à faire le ménage ?

Que voulez-vous faire quand ces messieurs semblent étonnés que je sache manier une ponceuse ?

Ces blagues, allusions, ou la négation de mon quotidien épuisant provoque chez moi une rage sourde.

 

Comment faire pour ne pas avoir à se dire chaque jour « j’espère qu’aujourd’hui je n’aurais aucune remarque sexiste » ?

Comment faire pour cesser d’avoir peur des hommes dans la rue ? Pour arrêter d’avoir des stratégies ? Pour cesser de se sentir coupable ?

Comment faire pour que cessent les a priori bidons de compétences féminines et masculines ?

Qu’une égalité de traitement soit réelle ?

 

Les caractères féminins ou masculins bien tranchés, ça n’existe que dans la littérature. Et finalement tant mieux : les personnes sont bien plus complexes que cela!

 

J’ai envie de conclure avec cette discussion, eue il y a quelques années avec un proche :

« – Mais enfin, je ne comprends pas. Le matin, quand tu te réveilles, tu te sens bien femme, non ? Moi je me sens homme.

Le matin, quand je me réveille, je me sens humaine. Je me sens Mathilde, avec toutes ses caractéristiques et ses contradictions. Et c’est déjà pas mal. »

 

J’ai testé pour vous : le théâtre en solo

Certaines conventions sociales sont dures à effacer. Combien de fois ais-je entendu « Ciel, cette femme est seule au restaurant ! Quelle tristesse ..! »
Ou encore : « aller seul(e) au cinéma, quelle idée ! »

Pour ma part, le théâtre c’était avant tout un moment de découverte partagé.
Depuis presque 5 ou 6 ans, je suis un peu la « référence théâtre » de mon entourage. Celle qu’on appelle en disant « Alors, on va au théâtre bientôt ? »
Dans une visée de découverte culturelle et de partage, je mettais au point un calendrier des pièces que je voulais aller voir, diffusais aux copains, me chargeais des réservations pour tous, des conciliabules pour trouver la bonne date…

Cette année, ma vie culturelle a un peu été mise en stand-by. Pour des raisons multiples.
A l’approche de mon anniversaire, je me suis offert une place pour Cyrano.
Je n’ai prévenu quasiment personne.

Après un périple en vélo digne des plus grands films de Pierre Richard, j’arrive au théâtre.
Les gens mangent, attendent leur amis, téléphonent, discutent.
J’écoute ces personnes parlant de leur journée, de leur quotidien.

Je m’aperçois qu’investir ce lieu seule me permet de rompre avec la journée, avec ce quotidien dans lequel se replongent les gens.
Dans le hall, je renoue avec le sol marbré, la hauteur sous plafond du lieu. J’observe : avais-je vraiment pris le temps de regarder cet endroit ?
Les gens fourmillent, se muent en malpolis J’entre dans la salle.

Dans la salle, le son se tamise. Les gens parlent plus doucement.
Arrivée à mon siège, j’avais oublié que j’étais si bien placée. (Chose qui aurait été impossible à 2 ou 3). Je vois Torreton de profil, assis sur un fauteuil en simili cuir.
J’écoute les personnes autour de moi « Oh regarde Torreton! *clic photo* », puis repartent dans leur conversation.
Je prends le temps d’observer tous les détails de la scène. Torreton a un bandage autour de la tête, pourquoi ? Tiens, ils ont encore foutu des néons, ils aiment bien ça, les néons à l’Odéon..

La pièce commence. Je voyage avec eux.
Je ne surprendrais personne en vous confirmant que cette pièce est exceptionnelle. Cyrano est interprété clownesquement, ainsi que tous ses acolytes.
La mise en scène possède des angles de réflexion, qui, a mon sens, mettent en lumière et en valeur le texte gouleyant et la prose de Rostand.
Puis vient la fin. Poignante, déchirante.

Les comédiens envahissent la scène, brisent les applaudissements pour parler des intermittents.

Se mêlent dans mon esprit, dans mon être, des sentiments confus, de la joie, de la peine. Des sentiments un peu brouillon, un peu confus, qui me donnent le sentiment de planer, de flotter.

La salle se rallume.
Tandis que j’essaye de me comprendre ces sentiments, mon trouble, j’entends les personnes autour de moi.
Sitôt le spectacle fini, la parole des mes voisins se relance, leur analyse commence.
« Rho il est bien Torreton quand même, mais pourquoi tous les autres jouent-ils les fous ? »
« Moui, moui, je comprends l’enthousiasme, mais bon, la mise en scène est spéciale quand même… »

Et tandis qu’un jugement est posé et partagé sur cette pièce, je suis encore dans ma bulle.

Et je ne cesse de me demander : Mais pourquoi diable n’ai-je jamais tenté d’aller au théâtre seule ?
Cette expérience m’a permis de profiter de l’atmosphère théâtrale.D’entendre les personnes s’agiter dans les coulisses.
J’ai pu observer Torreton, d’un calme olympien, seul, sur scène.
J’ai pu lire la plaquette qui finit fourrée dans un sac, lue à la va-vite lorsque je suis en compagnie.

Et je me suis sentie intensément vivante.
J’ai repris possession de certains lieux,
J’ai la capacité de pouvoir m’y rendre seule.
Sans jouer l’associale,
Sans dépendre de qui que ce soit.
Simplement parce que j’en ai envie.

Et cette prise de conscience, les amis, après 27 ans de vie, m’a ôté d’un poids sur l’existence.

Statut, identité et contradictions

Et finalement, comment on s’en dépêtre, de ces contradictions ?

 

Mes convictions se sont formées au fil des ans. Des expériences.

J’ai la chance d’être avec un homme qui suit mon évolution. Qui entend mes coups d’éclats, mes moments difficiles à vivre car reléguée au rang de femme.

Et pourtant.

 

On m’a appris à ne pas hausser le ton. A ne pas me faire remarquer.

Si ma verve est acérée, difficile encore de hurler ma haine lorsqu’elle pointe le bout de son nez.

 

On m’a appris à ne pas être provocante.

Si les débardeurs ont une tendance naturelle à me faire des décolletés, et les réflexions et regards concupiscents me renvoient à l’état de steak, j’ai appris à relever machinalement le haut de mon débardeur. Été comme hiver.

 

On m’a appris la répartition des tâches.

Mais une répartition plus répartie pour la fille. Implicitement.

Ainsi, lorsqu’un garçon faisait le ménage, il était félicité et remercié.

 

Aujourd’hui encore, j’ai acquis cette inégalité. Et même si elle me fait fulminer, je ne me battrais pas pour qu’un homme m’assiste dans cette tâche. Car j’ai acquis la notion de « femme hystérique », qui hurle sans arrêt contre une chaussette qui traîne, et que je ne souhaite pas être ainsi.

 

On m’a appris la soumission à l’autorité.

Aujourd’hui, j’apprends à la contrer. Mais difficile de trouver son identité : qui suis-je face aux clichés développés ? Suis-je vraiment protectrice, où est-ce la société qui m’a demandé de l’être ?

Suis-je attentive uniquement parce qu’on m’a élevée à être attentive ?

Comment contrer ces premiers automatismes confortablement installés ?

 

Aujourd’hui, toutes ces contradictions bouillonnent, fulminent, parfois explosent.

Et lorsque je réponds face à l’agression comme je l’aurais fait dans ma tête, je jubile. Je me retrouve.

 

L’identité se construit au fil du temps, des expériences, des réflexions. Mais ces contradictions me poursuivront, comme une ombre à cette identité.

Construire son propre rapport au corps

Le rapport au corps lorsque née fille est particulier. C’est un rapport dominé par autrui.

L’autre se sent concerné par ce corps. Trop maigre, trop gros, disproportionné ou harmonieux. Et se sent autorisé, et souvent encouragé à exprimer son avis à des instants ou nul (et surtout pas la principale intéressée) ne lui a demandé.

 

C’est un cercle insidieux, car le rapport au corps commence souvent par la vision qu’en possède autrui.

Ainsi, paradoxalement, les personnes se permettant réflexion possèdent parfois les stigmates de viles critiques sur leur propre corps. Des critiques mal digérées, mal intériorisées.

 

Cela a commencé dans mon cas par les individus que l’on côtoie le plus, qui par un lien émotionnel se sentent concernés par tous les axes de la vie de leur entourage.

 

Souvent, ces commentaires sont insidieux.

« Tu vois, il ne faudrait pas grand chose pour que tu sois bien. Tu es naturellement plantureuse, mais il faut perdre un peu pour être comme Machine ».

 

J’ai toujours adoré cette notion « d’être bien ». Qu’est-ce que cela peut signifier ?

Être bien, c’est un état interne. Je suis bien à l’intérieur de moi-même.

Or ici, c’est un jugement sans appel. Le bien-être ne correspond pas à l’intériorité de la personne, mais à la vision sociétale de ce que l’autre pense du bien-être.

Et selon cette vision, le bien-être mental ne peut être effectif et véritable qu’avec une enveloppe collant aux idéaux imposés par les canons de beauté.

 

Parfois ils sont justes violents. Déraisonnés. Irrationnels.

« De toute manière, toi comme tu es, tu es une petite pute, hein ? ».

 

Je n’ai toujours par compris cette phrase, qui était tombée comme un couperet, sans annonce ni précédent. Je n’ai toujours pas compris l’objectif de cette personne, qui a cru faire de l’humour à une jeune fille de 11 ans. Je n’ai pas compris l’absence de réaction des personnes assistant à cette petite phrase.

Cela m’a toutefois permis de comprendre le degré d’acceptation de chacun. Du public au sourire figé, de l’énonciateur satisfait.

 

Le temps avance. Les commentaires divers et variés se superposent.

Les réactions sont multiples : la surprise, la honte, le désarroi, la peine.

Puis vient la colère.

Une colère sourde. Violente.

 

Puis vient son aboutissement : une réponse.

Elle est crue, sans artifices. Elle est une réponse à cette superposition de commentaires désobligeants. Elle sonne comme le glas, glace le sang des protagonistes.

 

Et pour autrui, qui se sentait dans son bon droit, qui pensait « aider », vient la stupéfaction.

La stupéfaction de voir la personne répondre. Manifester des sentiments intériorisés depuis longtemps. De voir une argumentation construite.

Non, ces commentaires n’ont aucune visée d’aide. Ils sont essentiellement effectués dans le but de rabaisser la personne qui vous fait face.

Oui, c’est une forme de méchanceté. De venir dire quelque chose de purement gratuit, qui fera de la peine, simplement parce que votre définition du corps est différente de l’image que vous renvoie la personne en face de vous.

 

Ces antithèses de regards, ces commentaires irréfléchis, prononcés sans le filtre entre le cerveau et la bouche sont des traces indélébiles.

Ils pointent une antithèse que j’ai ressenti jusqu’à maintenant. Ce corps qui m’enveloppe, avec qui je suis parfois fâchée, parfois satisfaite, provoque des réactions trop antithétiques pour énoncer une vérité quelconque.

 

S’autoriser à répondre à ces personnes, c’est mettre en exergue leur méchanceté et leur vision stéréotypée.

C’est aussi mettre en avant que le corps d’une femme n’a pas à être soumis à un quelconque commentaire, à la validation ou l’infirmation de quiconque.